Quinze ans, une feuille blanche, une plume ou un clavier, pourquoi raconter une histoire fictive quand la mienne me met si mal? Si les histoires de tox paumées et suicidaires vous plaisent, vous n'allez pas être déçus.
Tout d'abord ma vie recommença le 31 octobre 2007, jour ou je décidais de m'ouvrir les veines après avoir vidé 4 ou 5 boites d'anti dépresseurs.
Premier novembre 2007, la nuit fut courte. Les infirmières étaient passées me voir toute la nuit dans ma chambre, les barreaux de mon lit avait été relevé comme pour un nourrisson fragile et agité qui aurait tendance à tomber la nuit et mes plaies s'étaient rouvertes. Je m'accrochai aux infimes bordures de bois des murs blancs, ma tête tournais, mes jambes me soutenaient à peine. Le sol était froid sous mes pieds nus, ma tristesse était intense , je ne savais plus où j'en étais. Plus tard, un médecin est venu me voir pour me dire que j'étais en isolement et que je n'avais droit ni aux visites, ni à mon portable ou aucun autre contact que ce soit avec l'extérieur.
Je me souviendrais toujours de mon premier repas à l'hôpital. Une table, des enfants et un silence que seule l'espèce de perfusion automatique d'un petit garçon assis a cote de moi et dont j'ai oublié le nom venait troubler. De petites paires d'yeux vitreux me scrutaient et regardaient d'un air apeuré mon bras gauche lacéré.
Quelques jours plus tard, j'eus le droit aux visites et aux séances de psychologie de groupe avec mes parents. J'appris qu'ils avaient fouillé mon téléphone portable. Ma mère, une femme maniaque et vicieuse, avait même poussé jusqu'à taper mes messages à l'ordinateur avant de les imprimer.
Au bout d'une semaine, mon père vint me chercher a l'hôpital, essayant d'établir petit à petit un dialogue dans la voiture. Moi, j'étais soulagée d'être sortie de ce bâtiment puant la mort et la maladie. Je constatait que durant ma semaine de quarantaine, les feuilles des arbres avaient jauni, le froid s'était installé. J'allumai la radio et écoutais avec un intérêt peu prononcé les nouveautés musicales. Mon père m'appris que ma mère avait préféré se rendre chez son frère plutôt que de rester a la maison pour mon retour.
Arrivée chez moi, je montais dans la salle de bain. Les traces de sang n'étaient plus là, mais c'était quand même douloureux. Dans ma chambre aussi, le sol et les meubles avaient étés nettoyés. Je m'assis dans mon hamac et regardai dans le vide. Je me sentais toujours aussi mal. Avant de sortir de la pièce, je vis qu'une trace de sang n'avais pas été nettoyée. Elle étais là, séchée, une grande trace sur le bas de ma porte. J'aurais pu la nettoyer mais je n'ai rien fais de tel: je n'étais pas encore prête.
Malgré mon retour le jour même, j'avais décidé d'aller à l'escrime. Arrivée là bas, j'éclatais en sanglots: je les serrais tous dans mes bras alors que j'aurais du ne plus jamais les revoir.